PATRICK CARPENTIER

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Writing is always the starting point. Writing which highlights the word that says the absence. Whether it is in my films, in my installations, my sculptures or during performances, I am always constructing a simple story centered on the observation of language by ways of antinomy.

By observing the unspoken I am questioning the discourse. By all means the silence will be sought as a counter-speech, which becomes a sign in itself. Out of the comprehensive study of the recording of Roland Barthes’classes on "Neutral" (Collège de France 1977-1978), an experiment is emerging

that increasingly bypasses the meaning or the opposition. Foil the paradigm. Man disappears increasingly to keep the object or the image away from the viewer, to accentuate the distance between the subject and its meaning.

Going towards the suspension of conflicting speech datas and prefering an arrangement sliding towards abstraction. An effort in difference. An order of nuance. It is about organizing without opposition.


Roulez moins vite vous pourriez écraser Roland Barthes (Ride slower you could crush Roland Barthes) is a project built around a found photograph dating back to early 1980’s taken in France.

An image of graffiti referencing the death of philosopher Roland Barthes. Operating a movement going from image to sculpture,

Patrick Carpentier invites us into an urban and light filled installation. The installation, triggers a certain form of irony but also ingenuousness,

rendering the spectator attentive to his own rhythm of movement.

Roulez moins vite, 2017, tekstkar, dimensions variable


I went for the first time to Herman Daled’s during my residency at Wiels in 2015. An encounter was organised with he who « became », by discovering Marcel Broothaers, one of the most important conceptual art collector in Belgium.

During the visit, something struck me. Daled did not have any art objects hanging on the walls of his interior. As a wanderer he gathered, through the conceptual movement, works that he kept as objects of knowledge rather than enjoyable objects. So that, the walls of his home displayed some nails.

 

I was surprised, amazed, touched.

I saw there a kind of poetic gesture. When a few months ago, Emmanuelle Indekeu proposed me to create an edition for Island, an idea amused me. By its lightness but also by the meaning I gave to it. An idea that might be mischievous and poetic at once.

I thought it would be possible to see Herman Daled again and to borrow one of his nails, one of those I saw on his walls, to mold it in order to reproduce it a hundred times.

For this edition, the silver imposed itself as a material. Herman Daled was a radiologist and in this analog technique, the silver forms the negative image. All was there.

 

Untitled (silver), 2018, silver, 2.8 x 0,4 cm x 0.8 gr, 100 ex +AP


(english version coming soon)

La majeure partie de l’oeuvre de Giorgio Morandi est constituée de natures mortes, peintes comme autant de variations sur le même thème.

Il y met en scènes divers objets alignés: bouteilles, bols, parfois un coquillage ou un fruit, dans des tons monochromes, suivant des angles sans cesse renouvelés, sur une table, une étagère.
Dans ces natures mortes, il y a un objet récurrent, mystérieux, qui se distingue et qui n’a l’air d’offrir aucune utilité. Une sorte de brique pleine, un parallélépipède mat qui n’a rien à faire avec une nature morte normale. De différentes tailles et couleurs, faux objet contrastant avec les autres.

Est-ce que ces parallélépipèdes n’auraient d’autre utilité que d’empêcher l’ennui ou la banalité ? De donner de la solidité et de l’étrangeté au tout ?
En rupture, à un moment où l’utilité a disparue, je me suis mis à reproduire ces parallélépipèdes en terre.
D’une manière ou d’une autre, je voulais rendre ces formes remarquables. Je donnais, comme dans la nature morte, une vertus sensible à des objets. Une « vie silencieuse », reflet de la vie intérieur. Une pratique rituel d’où

naissait progressivement d’autres formes simples et géométriques, des cylindre principalement.
Dans une recherche, si l’on concentre son attention sur la forme et la couleur, les facilités d’un groupe d’objet sur une table sont séduisantes. Il n’y avait donc qu’un pas vers un empilement d’une simplicité déconcertante qui ouvrait les possibles lectures d’un paysage intérieur tout en verticalité imparfaite et vacillante. L’une retenant l’autre.
Ces objets « statues » qui s’élevaient devenaient des prières.


(english version coming soon)

En 2013, j’ai réalisé une sculpture qui allait devenir emblématique de ma production artistique. Où la disparition, l’absence et la transmission, thèmes fondamentaux d’une mise en oeuvre, se retrouvaient concentrées en un objet d’un minimalisme extrême.

J’ai conçu Timeline (or, 27 x 0.2 x 0.2 cm) à partir des bijoux issus de l’héritage maternel. Fondus, puis étirés à une longueur déterminée par la quan tit é de matiè re disponible.
Cette fine ligne d’or, élémentaire expression d’une vie, est fondatrice

d’une recherche toujours plus obstinée à développer une altérité qui interroge dans ce qu'elle a d'individuel et de collectif à la fois.

Depuis, je n’ai cessé de dire le temps. Dans la conscience qu'un compte à rebours irréversible a

 

commencé. La mort devient réelle. C'est une prise de conscience totale. Une déclaration de sujet dont l'âge est partie constituante. Un moment déterminé, une initiation, une découverte : je suis mortel.


(english version coming soon)

À l’âge de huit ans, je disais que j’étais Russe. Je ne me souviens pas pourquoi ni quand ça a commencé, je me souviens seulement que pendant une période de mon enfance, je faisais des choses incongrues comme mettre des lacets de chaussures de différentes couleurs.

Je disais que je faisais ça car les Russes le faisaient comme ça. Et comme j’étais Russe je le faisais aussi.

 

J’avais inventé une sorte d’hétérotopie qui me permettait de voir autrement l’espace auquel j’appartenais. Faute de pouvoir aller ailleurs, je

transformais la réalité familière en un espace autre.

Ça a pris de telles proportions que cette année là mon instituteur m’a offert un livre sur le sport totalement rédigé en russe. Il comportait principalement des images d’enfants et de jeunes adolescents pratiquant un sport dans une république soviétique insouciante.

Ce livre a certainement cristallisé cette période qui sans lui aurait sans doute disparu de ma mémoire.

 

CCCP MOCKBA, 2018, Print blue on poplar, 122 x 79 cm


(english version coming soon)

Début 2018, j’étais en résidence à l’Academia Belgica à Rome, j’ai reçu le message d’une amie avec un lien vers un reportage diffusé dans le journal de la chaine franco-allemande Arte. Le sujet était la solidarité avec les migrants aux alentours du parc Maximilien de Bruxelles et l’élan citoyen pour loger ces personnes cet hiver là.

Je savais cette amie très impliquée et je pensais la voir dans ce reportage. Elle m’avait écrit, « Regarde bien jusqu’à la fin ». (Des citoyens belges à l’aide des migrants, Arte journal, reportage F. Colette, E. Le Notre, février 2018)

Ma surprise à été de voir dans la chambre (voir photo) qui allait accueillir ces migrants pour la nuit, sur le mur, au dessus du lit, une affiche que j’avais réalisée lors de ma résidence au Wiels le centre d’art contemporain de Bruxelles, quelques années au paravant, « blinded by the lights ».

Les choses prenaient un sens nouveau à un moment où se pose la question de l’utilité (parce que finalement, cette question revient toujours ). Et l’importance d’écrire des mots, de simples phrases et de les laisser circuler prenait une valeur inattendue.

 

Blinded by the lights, 2015 Print on paper, 70 x 100 cm


(english version coming soon)

C’est en décembre 2008 que j’ai entrepris l'adaptation cinématographique de la pièce de Büchner, Woyzeck. L'histoire est inspirée d’un fait divers : un ancien soldat sans emploi est accusé d'avoir poignardé son amante. Il est condamné à mort et exécuté à Leipzig.

Afin de créer un récit formellement contemporain, j’entrepris de tisser une histoire en croisant des sources d’inspiration diverses: faits divers, écriture intime, classiques de la littérature et archives.

Cette démarche m’a conduit à la lecture des rapports de condamnation à mort dans l'état du Texas. Ils contiennent les retranscriptions des dernières paroles des condamnés. Ces rapports datés de 1982 à 2008 étaient alors au nombre de 447.

Suite à la lecture de ces rapports, j’ai décidé de porter une attention particulière à ce qui est dit avant la fin et j’ai commencé à mettre littéralement en lumière certaine de ces phrases.

 

Take me back, 2011, White cotton, white silk, 42 x 42 cm


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